Tendances
Nous optons de plus en plus consciemment pour des boissons non alcoolisées, « NAB ». Ce sont surtout les alternatives à faible teneur en sucre et les eaux infusées avec des herbes, des fruits ou des écorces qui gagnent en popularité. Nous observons également que les boissons rafraîchissantes deviennent de nouveaux boosters de santé. « Les NAB (Non Alcoholic Beverages) sont de plus en plus saines, naturelles et « fonctionnelles ». Nos producteurs de boissons surfent déjà largement sur cette tendance.
Sans alcool, mais pas insipide
Sans alcool, mais pas insipide
Nous optons de plus en plus consciemment pour des boissons non alcoolisées, « NAB » en abrégé, et donc également pour les fêtes de fin d’année. Nous sommes « sober-curious ». « Nous voyons de plus en plus des boissons rafraîchissantes et des eaux à faible teneur en sucre, infusées avec des herbes, des fruits, des baies ou des écorces pour une saveur complexe et avec des extraits naturels qui renforcent la santé », explique le tendanceur Herman Konings.
Pas moins de 53% du volume total des boissons rafraîchissantes en Belgique est désormais sans sucre ou à faible teneur en sucre, comme le montre le rapport Euromonitor de novembre 2022. La catégorie des ‘eaux fonctionnelles’ - enrichies en vitamines et en antioxydants - a également augmenté d'un quart l’an dernier pour atteindre 9,4 millions de litres. Et ce chiffre devrait continuer à grimper : d'environ 8,5 % l'année prochaine et jusqu'à 43 % d'ici 2027, selon le rapport. Les eaux aromatisées proposent également des combinaisons de plus en plus complexes.
Nos producteurs misent donc résolument sur le groupe toujours plus grand des Belges ‘sober-curious’, en particulier les jeunes. Près d'un cinquième des moins de 34 ans optent presque toujours pour des alternatives non alcoolisées. Et un autre pourcentage similaire souhaite opter davantage pour cette solution dans les mois à venir*.
Goûts complexes
Mais cela ne signifie pas pour autant que nous renoncions au goût ou à l’expérience. « Nous voulons plus qu’un goût neutre ou sucré. Il peut être plus complexe et plus sophistiqué. A cette fin, nous cherchons principalement l'inspiration dans la nature avec des herbes, des racines, des baies, des feuilles, des écorces... mais aussi du poivre, pour un vrai coup de fouet. Ces condiments peuvent ensuite être fermentés ou séchés et infusés dans l'eau ou les boissons rafraîchissantes, souligne Herman Konings. Ainsi, aux États-Unis, par exemple, des expériences sont actuellement en cours avec de l’« eau de vin », une eau contenant des peaux de raisin. »
Notre baromètre des boissons 2023 souligne également cette tendance, et les saveurs amères et complexes y ont par exemple obtenu de très bons résultats. Des arômes épicés moins connus, comme le gingembre (12,6 %), et des arômes plus tropicaux, comme un mélange de fruits (17,5 %), ont aussi remporté un franc succès. Cela permet d'élargir le champ des accords entre les mets et les boissons. Nous créons ainsi des combinaisons supplémentaires à l’infini. Il s’agit d’une opportunité énorme pour le secteur des boissons », déclare Herman Konings.
Valeur nutritionnelle
Mais il n'y a pas que le goût, les arômes supplémentaires contenus dans nos boissons jouent également un grand rôle par leurs effets en matière de nutrition et de santé. « Par exemple, nous choisissons, nous voyons une utilisation plus fréquente des alternatives sans sucre ou à faible teneur en sucre. Et pour les boissons, nous expérimentons au niveau international avec, par exemple, des « nootropiques » naturels - des substances qui stimulent l'activité cérébrale -, des enzymes qui restaurent la flore intestinale et des antioxydants qui renforcent le système immunitaire. Au Royaume-Uni, par exemple, on voit apparaître des boissons à base de menthe poivrée et de réglisse ou de parties de la plante africaine ashwagandha qui, selon des recherches scientifiques, prétendent apporter une plus grande concentration et une plus grande clarté. » Nous accordons également beaucoup plus d'attention à l'origine, au caractère naturel et à la pureté de tous les ingrédients. »
Enfin, les « NAB » sont servies avec style et garantissent des clichés à faire pâlir d’envie les abonnés sur les réseaux sociaux, et cela joue certainement un rôle. « Cet aspect social et psychologique de nos boissons n’est pas à sous-estimer », explique Herman Konings. « Nous voulons donc aussi des NAB dans un joli verre à vin ou à cocktail, souvent agrémentées de condiments - tels que les baies, les grains de poivre... - comme une touche supplémentaire. »
Des boissons comme nouveaux boosters de santé
Des boissons comme nouveaux boosters de santé
« Dans les années à venir, nous nous tournerons toujours davantage vers nos boissons pour booster encore plus notre santé », prédit l’observateur de tendances Herman Konings : « Les NAB (Non Alcoholic Beverages) sont de plus en plus saines, naturelles et « fonctionnelles ». Elles contiennent moins de sucres et plus de « nootropiques » naturels - des substances qui stimulent l'activité cérébrale -, des enzymes qui restaurent la flore intestinale et des antioxydants qui renforcent le système immunitaire. » Nos producteurs de boissons surfent déjà largement sur cette tendance.
Les consommateurs sont de plus en plus soucieux de leur santé à long terme. « Nous avons clairement perçu le lien entre l'obésité et les effets délétères du virus et cela nous a fait l’effet d’un électrochoc », explique Herman Konings. « A maintes reprises, cette situation a aiguisé notre sensibilité à tout ce qui touche notre corps et aux effets de l'alimentation. »
Consommer autrement
Nous sommes dès lors beaucoup plus intéressés par les ingrédients et l'origine de nos produits alimentaires et boissons. C'est ce qui ressort également du baromètre des boissons réalisé par la FIEB auprès de 1 000 Belges* : pas moins de 43,7% des Belges vérifient toujours ou la plupart du temps la quantité de sucre contenue dans une boisson, un quart d'entre eux regardent le nombre de calories et de vitamines et un cinquième également les minéraux. « Nous ne consommons pas seulement moins, mais nous consommons aussi autrement », explique Herman Konings. « Nous choisissons des produits suivant le principe LATTE, c’est-à-dire ‘Local’, ‘Authentic’, ‘Traceable’, ‘Trustworthy’ et ‘Ethical’. »
La nouveauté au naturel
Nous sommes particulièrement attentifs à la richesse de la nature qui nous entoure. « Nous réalisons qu'il existe encore un très grand nombre d'ingrédients naturels dont nous connaissons et utilisons encore trop peu les propriétés bénéfiques. La nouvelle normalité est donc la nouveauté au naturel. Il existe, par exemple, un très grand nombre de plantes, de feuilles, de racines, d'herbes, de baies, etc. ayant des effets puissants sur notre santé. »
La science découvre de plus en plus le lien entre notre alimentation et notre activité cérébrale. « D’après de récentes études, certaines bactéries jouent, par exemple, un rôle dans le développement de la maladie d'Alzheimer et de la dépression », explique Herman Konings. « Nous en apprenons également davantage sur le fonctionnement des enzymes dans notre intestin et sur la façon dont nous pouvons les stimuler grâce aux ajouts dans les aliments et boissons. Des recherches complémentaires sont encore nécessaires pour en tirer les bonnes conclusions, mais c'est un élément dont nous devrons tenir compte à l'avenir. »
La réduction de la teneur en sucre est également importante. « Nous sommes de plus en plus conscients que nous consommons trop de sucre dont l’excès nuit à notre santé à long terme. Nous optons dès lors de plus en plus consciemment pour des boissons sans ou avec peu de sucre. Et cette tendance continuera nettement à s’accentuer dans les prochaines années. »
Des plantes contre le stress
Outre la santé physique, la santé mentale est aussi davantage mise en avant. Et ici aussi, les ingrédients naturels présents dans les aliments et boissons peuvent jouer un rôle. Herman Konings : « Citons, par exemple, les plantes et les herbes qui agissent spécifiquement sur la stabilisation du système hormonal et du système nerveux, ce qu'on appelle les « adaptogènes ». Ces plantes favorisent l’équilibre dans notre corps.
Par exemple, les extraits de la plante africaine « ashwaghanda » apportent une plus grande concentration et une plus grande clarté et ceux de la plante « schisandra » influencent notre capacité d’adaptation au stress. En outre, de plus en plus de substances naturelles améliorant les fonctions cérébrales, la mémoire et la capacité d'apprentissage font également leur apparition. On les appelle les « nootropiques » ou « renforceurs cognitifs » naturels. Un exemple est la citicoline, également connue sous le nom de vitamine B4. »
Des boissons de pharmaciens
Toutes ces allégations doivent toutefois être étayées scientifiquement. « Nous voulons avoir des preuves scientifiques solides prouvant l'effet de ces ingrédients. Et cet aspect est de plus en plus pris en compte dans la réglementation sur les allégations. Cela signifie que la recherche scientifique dans le secteur de l'alimentation et des boissons prendra une très grande importance dans les années à venir. Les producteurs de boissons deviendront en quelque sorte davantage des pharmaciens, mais avec des ingrédients naturels. Un retour aux sources donc car le cola, par exemple, a également été inventé en pharmacie. »
Drinkpairing
Bien sûr, le goût reste également essentiel, déclare : « Ces ingrédients naturels, extraits, herbes, etc., seront infusés dans nos boissons de différentes manières, créant ainsi des saveurs très complexes. Nous ne sommes qu'au début des immenses possibilités que ces ajouts offriront en termes de complexité des NAB. En premier lieu, je m’attends à ce que les gens s’en servent abondamment à la maison. Pendant la crise du coronavirus, nous sommes passés à la ‘mixologie’ et cette tendance se poursuivra également avec les NAB. Nous allons donc commencer à expérimenter nous-mêmes toutes sortes de baies, d'herbes et de super aliments dans nos eaux et nos boissons rafraîchissantes, afin de créer à la fois les effets souhaités pour la santé et de nouvelles saveurs complexes et intéressantes. »
« Il ne fait aucun doute que l'horeca en tirera également parti. Je m’attends à ce que les chefs misent de plus en plus sur le food- and drinkpairing, y compris avec des boissons non alcoolisées. La carte des plats sera plus limitée mais davantage spécialisée, tandis que la carte des boissons s’étoffera, notamment avec les NAB. Et les sommeliers pourront en profiter, en étroite collaboration avec le chef. »
Fonctionnelles
Nos producteurs de boissons répondent déjà pleinement à ces attentes. La catégorie des « eaux fonctionnelles » - enrichies en vitamines et en antioxydants - a, par exemple, augmenté de pas moins d'un quart l’an dernier pour atteindre 9,4 millions de litres, indique le rapport Euromonitor des boissons rafraîchissantes belges en novembre 2022. Et ce chiffre devrait continuer à grimper : d'environ 8,5 % l'année prochaine et jusqu'à 43 % d'ici 2027, selon le rapport. Par ailleurs, la pureté et la minéralisation font aussi l’objet d’une grande attention de la part des producteurs d’eau, qui veillent à une protection rigoureuse des sources d’eau minérale naturelles. Tout comme les eaux aromatisées qui se déclinent en combinaisons de plus en plus complexes.
Dans la catégorie des boissons rafraîchissantes, les boissons sans sucre et à faible teneur en sucre représentent désormais 53 % du volume total, selon le rapport Euromonitor. Et cette tendance continuera à s’accentuer de manière significative dans les prochaines années. Les producteurs se sont engagés à réduire encore de 7 % la teneur en sucre de toutes les boissons d’ici 2025. On s’attend dès lors à ce que les alternatives sans sucre et pauvres en sucre enregistrent une nouvelle croissance de 2,6 % en volume l'année prochaine, pour atteindre 12,9 % d'ici 2027.
« Nous assistons à un véritable basculement en ce qui concerne nos aliments et boissons. Tant en termes d’effets sur la santé qu’en termes de goût. Je suis très enthousiaste quant aux infinies possibilités que tous ces changements offrent au secteur. Nous ne savons pas ce que nous allons goûter et découvrir », conclut Herman Konings.
*Beverage Barometer 2023